Bébé a la bronchiolite, c’est grave docteur ?

Bébé a la bronchiolite

Chaque année, c’est la même chose, entre octobre et mars, il traîne une vilaine maladie, qui s’attaque aux petits bouts’d’choux sans défense… Et cette année n’échappe pas à la règle : la bronchiolite fait son grande retour parmi les enfants ! Alors, quand, quoi, comment ça se soigne, et comment ça s’évite ? On a réuni ici toutes les réponses à vos questions !

Quand apparaît la maladie ? 
Entre octobre et mars, la bronchiolite fait des ravage. Autour des fêtes, il y a souvent un petit ralentissement de l’épidémie, car les crèches et écoles étant fermées, les petits bouts sont moins en contact les uns avec les autres et partagent donc moins les microbes.

La bronchiolite, c’est quoi ?
Comme son nom l’indique, la bronchiolite, c’est l’infection des bronchioles, les plus petites et les plus fines bronches de l’appareil respiratoire, et de leurs alvéoles. L’inflammation épaissit leur paroi, et la formation de mucus les obstrue. Cette maladie infectieuse, appelée aussi broncho-alvéolite, est due dans la majorité des cas au VRS (virus respiratoire syncytial) et, plus rarement, aux virus de la grippe (para-influenza, adénovirus, entérovirus…)
Cette maladie est extrêmement contagieuse.

Qui sont les plus touchés et pourquoi ?
Les enfants de moins de 2 ans sont généralement les plus touchés (environ 460000 chaque année). Ils sont plus sensibles car leurs bronchioles sont minuscules (aussi fines qu’un cheveu).
On comprend mieux alors la raison de leur encombrement et de leur obstruction, qui entraîne parfois une détresse respiratoire chez le bébé.

Quels sont les symptômes de la bronchiolite ?
Cela commence un peu comme rhume ou une rhinopharyngite. Bébé a le nez bouché, de la fièvre, il commence à tousser : d’abord une toux sèche, puis grasse. Sa respiration peut devenir plus difficile : plus rapide, sifflante. On entend généralement ces sifflements à l’oreille ou à l’auscultation.
Dans ces cas là, il ne faut pas tarder à l’emmener chez le pédiatre !
De même si le bébé présente un « tirage » intercostal (l’abdomen se creuse entre les côtes) ou sus-sternal (un enfoncement du petit creux situé au-dessus du sternum se creuse lorsqu’il inspire) et un battement des ailes du nez. Le médecin vous redirigera alors vers les urgences si nécessaire.
N’hésitez pas à consulter également si votre enfant s’interrompt fréquemment en tétant, s’essouffle, se fatigue… et laisse environ un tiers de son biberon trois fois de suite.Téter lui demande des efforts trop importants parce qu’il a le nez bouché et est gêné pour respirer.

Comment savoir s’il faut emmener bébé directement aux urgences ?
C’est impératif si votre bébé fait partie du groupe à risque : les moins de 3 mois, les anciens prématurés, les immunodéprimés, les bébés souffrant de cardiopathies ou d’une maladie respiratoire. Il est fragile et sera probablement hospitalisé quelques jours pour bénéficier d’une surveillance cardiaque et respiratoire. Il faut l’y emmener également si ses lèvres et leur pourtour deviennent bleus.

Comment soigner la bronchiolite ?
Dans 90% des cas, la maladie est bénigne, et de simples séances de kinésithérapie respiratoire, additionnées à un nettoyage régulier du nez par maman avec du sérum physiologique ou des solutions isotoniques (type Stérimar) huit fois par jour et jusqu’à dix à quinze fois si nécessaire, et ce avant de lui donner le biberon pour qu’il puisse le prendre correctement.
Il faut également fractionner ses repas : faites-le boire souvent de petites quantités. C’est moins fatigant et cela lui évite de se déshydrater. Coucher l’enfant le haut du corps relevé l’aidera aussi à respirer. Vous pouvez glisser un coussin sous le matelas ou poser des cales sous les pieds, à la tête du lit.

La kinésiothérapie, ça sert à quoi ?
A désencombrer les bronches du bébé. Le kinésithérapeute exerce des pressions sur la cage thoracique pour faciliter l’expulsion des sécrétions, qui remontent et vont alors se loger dans l’arrière-gorge. Par une pression sous le menton, il empêche le tout-petit de déglutir afin qu’il ne ravale pas les mucosités. Puis, il lui obstrue les narines pour les lui faire cracher. Ces gestes sont spectaculaires et parfois angoissants pour les parents, mais le bébé est immédiatement soulagé. C’est le kiné qui décide ou non de poursuivre les séances en fonction de l’amélioration de la santé de votre bébé.

Les sirops contre la toux, pour ou contre ?
Les antitussifs sont inutiles, voire même dangereux. En effet, ils empêchent le bébé de tousser et, ce faisant, d’expulser le mucus qui encombre ses bronches. Les mucofluidifiants, comme leur nom l’indique, sont destinés à le fluidifier… mais trop ! Les bronches sont « noyées » dans le mucus, qui n’est pas expulsé. Certains mucofluidifiants accentuent même le spasme des bronches en les rétrécissant. D’où un encombrement maximal et une plus grande difficulté à respirer.

Comment se transmet le virus ?
Le virus de la bronchiolite est très contagieux. Il se multiplie avec la chaleur (comme le virus de la grippe) et se transmet par la salive, les sécrétions nasales et la toux ou indirectement par l’intermédiaire des mains et des objets contaminés. Le virus survit trente heures sur un jouet manipulé par un tout-petit et huit heures sur la peau. Voilà pourquoi des précautions sont indispensables pour éviter la contagion et les récidives.

Comment éviter la bronchiolite ?
Quelques règles d’hygiènes sont indispensables pour éviter la transmission du virus.

1. Attention à l’air que respire bébé
La poussière, humidité, chaleur excessive, fumée de tabac sont très irritants pour les voies respiratoires… (et aggravent la bronchiolite quand elle est là). Il faut donc agir ! Laver et aspirer les sols régulièrement. Aérer les pièces de la maison ou de l’appartement chaque jour. Maintenir une température de 19-20 °C, pas plus. Ne pas fumer dans la chambre du bébé… ni dans les autres pièces d’ailleurs. Car même si vous ne fumez pas en sa présence, les particules irritantes du tabac restent en suspension dans l’air, se déposent sur les tentures, les rideaux, les moquettes, le tissu des sièges de voiture et bien évidemment sur vos vêtements. Votre enfant les respirera donc quand même !

2. Evitez d’emmener bébé dans les lieux publics
La transmission du virus est maximale en ville et en collectivité, dans les crèches, garderies et écoles maternelles. De même dans les lieux où la promiscuité règne (transports en commun, hypermarchés, cafés, restaurants, centres commerciaux). En période d’épidémie, n’y emmenez pas votre tout-petit, surtout s’il a moins de 3 mois ! Evitez les réunions de famille où il passe de main en main, et attention aux aînés dont le nez coule et qui embrassent le bébé sur le visage ou les mains qu’il va ensuite porter à sa bouche (des bisous sur la tête ou sur le ventre, c’est permis).

3. Attention à l’hygiène 
Avant de donner les soins à votre enfant (change, biberon…) ou de le câliner, lavez-vous soigneusement les mains à l’eau et au savon, poignets compris, pendant trente secondes. Ne sucez pas la tétine du biberon pour tester la chaleur du lait, ni sa sucette tombée malencontreusement par terre pour la « nettoyer » (on l’a vu faire !). Pas d’échange de cuillère d’un enfant à l’autre non plus. Lavez fréquemment les doudous, tétines et jouets qu’il pourrait porter à sa bouche.
Astuce : laissez un doudou à la crèche pour éviter de rapporter à la maison les microbes des copains. Si vous êtes enrhumé, l’idéal est de porter un masque. Et, quand vous rentrez à la maison après le travail, changez-vous pour porter des vêtements propres.

4. Lavez son nez dès qu’il est bouché
Placez-vous sur le côté de la table à langer (et non en face) : c’est plus pratique pour bloquer les bras du bébé et éviter qu’il ne se débatte. Installez-le sur le dos, la tête sur le côté. Placez dans sa narine la dosette (ou l’embout du soluté) et exercez une pression ferme dessus jusqu’à ce que le sérum ressorte par l’autre narine. Faites de même de l’autre côté. L’utilisation du mouche-bébé est controversée car il ne serait pas plus efficace et pourrait entraîner une surinfection.

Et l’homéopathie, on en dit quoi ?
Une étude, réalisée en 2002-2003 et publiée en 2004 dans la revue Le pédiatre, a montré l’efficacité des médicaments homéopathiques dans la prise en charge de la bronchiolite.
Si, au final, l’intensité et la sévérité des épisodes étaient identiques quel que soit le médecin, la durée et la fréquence des complications étaient moins importantes chez les bébés soignés par les homéopathes. C’est toujours ça de gagné !
Attention ! Ces traitements homéopathiques ne se substituent pas à une visite chez un médecin, à des séances de kiné et à d’autres médicaments éventuellement prescrits.
Vous pouvez demander conseil en pharmacie.

Vous avez d’autres conseils, ou d’autres questions ? N’hésitez pas à partager votre expérience avec nous !

Laisser un commentaire